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L’écho des falaises: Lettre d’information sur l’espace vertical de la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse (Août 2005)

Voici le premier numéro de la lettre annuelle d’information sur l’actualité des falaises de la Réserve Naturelle. Ces informations vous concernent si vous êtes grimpeur, libériste, pilote d’avion ou d’hélicoptère ou encore naturaliste amateur d’espace vertical, que vous ayez participé ou non aux groupes de concertation vol libre et escalade. Vous trouverez dans la lettre les dernières actualités concernant la situation de la faune des falaises, notamment les résultats du suivi de la nidification des rapaces, l’évolution éventuelle de la réglementation, l’actualité des groupes de travail et les observations intéressantes.
N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, observations ou toute information susceptible d’être diffusée dans la prochaine lettre.

Les résultats et observations de la saison de reproduction 2005:
Aigle royal: Deux couples reproducteurs d’aigles royaux sont actuellement recensés sur la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse : Le couple Grésivaudan a mené à bien sa saison de reproduction, en élevant deux aiglons, fait relativement rare. Les deux jeunes sont contrôlés à l’aire à la mi-juillet et semblent viables pour leur premier envol, mais un seul jeune en cours d’émancipation a pu être observé volant le long des falaises orientales de la réserve début août. Aucune preuve ne permet de connaître la cause de la disparition du second mais une chute du nid est probable.
Le couple Saint-Même
a en revanche abandonné tout comportement d’élevage à partir du 13 mai, date proche de l’éclosion. D’après les observations réalisées par un parapentiste local, cet abandon est très vraisemblablement lié à un survol prolongé du site par un hélicoptère de la sécurité civile ce même jour, alors que les deux adultes étaient encore observés au nid le jour précédent. Ce territoire est suivi par le groupe de suivi Aigle Isère depuis 1977. Le taux de succès de reproduction (jeune à l’envol) est très faible : 0.12 jeune/an durant les vingt-six dernières années, tandis que la moyenne des autres couples de l’Isère, conforme à ce que l’on connaît plus généralement pour l’espèce est d’environ 0.4 jeune/an.

L’arrêté d’interdiction de décollage parapente sur ce site pris en 2004 en concertation avec le groupe de travail vol libre semble bien fonctionner mais il reste à régler les problèmes de survol par hélicoptère (secours réguliers sur ce site à haute fréquentation touristique et exercices). Pour plus d’info sur ce site, voir plus bas.

Faucon Pèlerin: Le couple Granier a très probablement donné trois jeunes à l’envol. Le couple Dent de Crolles a également donné trois jeunes à l’envol. Le couple Pinet n’a pas pu faire l’objet d’un suivi détaillé.

Vautours fauves:Les vautours du Vercors (ou d’ailleurs ?) commencent à voler en Chartreuse, les observations ont été nombreuses cet été côté Grésivaudan. Un vautour fauve non bagué (né en liberté) a été observé pendant deux jours vers Saint Laurent du Pont posé dans un arbre suite à de mauvaises conditions aérologiques. N’hésitez pas à nous signaler vos observations !

Sensibilité des grands rapaces aux dérangements: quelques rappels
Quelques questions récentes de libéristes ont été posées à la Réserve Naturelle :

-
« Pourquoi je ne peux pas aller voler sur le site maintenant que la nichée a échouée ? »
-
« Pourtant je ne dérange pas, l’aigle est venu voler avec moi ! »
Voici quelques éléments de réponse :
- Le taux de reproduction des rapaces est fortement limité par de nombreux
facteurs naturels :comportement d’élevage des parents parfois déficient (couvaison irrégulière, morceaux de nourriture offerts au poussin trop gros…), prédation au nid, infection de l’ombilic du poussin, chute du poussin, conditions météorologiques défavorables… L’ajout de causes d’échec liées à des activités humaines (survols, escalade, activités forestières en pied de paroi, écobuage…) peuvent donc compromettre la présence d’une espèce sur un site mais aussi la conservation de l’espèce à long terme.
- Les rapaces et particulièrement l’aigle royal sont des oiseaux très territoriaux et particulièrement sensibles à
toute perturbation de leur environnement. Oiseaux vivants en couples généralement stables et à durée de vie importante, ils gardent souvent en mémoire des perturbations de leur milieu proche qui doit normalement garantir leur sécurité : la falaise et l’« espace aérien » proche. Un dérangement grave en période de reproduction peut non seulement faire échouer immédiatement la nidification en cours mais aussi compromettre définitivement le succès de reproduction d’un couple par modification comportementale ou par abandon d’un site favorable.
- Le territoire de grands rapaces comme l’aigle royal comprend une zone particulièrement sensible qui est parfois qualifiée de
« chambre nuptiale ». Elle correspond généralement à un cirque ou un ensemble cohérent de falaises dans lesquelles se situent les aires de reproductions, les places d’accouplements, la plupart des perchoirs nocturnes. Toute intrusion dans cette partie intime du territoire fera la plupart du temps l’objet d’un dérangement, perceptible ou non, sur le comportement des oiseaux et peut conduire à un échec immédiat de la reproduction en cours. En dehors de la période de reproduction, les oiseaux sont moins attachés au site. Une fréquentation humaine régulière sera cependant perceptible par les oiseaux et pourra se traduire à long terme par la recherche d’un site moins perturbé mais aussi souvent moins adapté aux exigences de l’espèce.
- Un couple d’aigle royal doit pouvoir utiliser des aires différentes d’une année sur l’autre (5 aires ont été répertoriées pour le couple de St-Même), qui ne sont pas toujours situées sur une même falaise. Il est donc important d’assurer une certaine tranquillité dans l’ensemble du site correspondant à la « chambre nuptiale » pour favoriser la reproduction d’un couple sur le long terme.
- La notion de dérangement reste toujours délicate à évaluer sur la faune sauvage et plus particulièrement pour les rapaces. Le vol « de concert » avec un parapentiste, par exemple, est parfois interprété comme un simple partage de l’espace aérien alors qu’il peut s’agir d’une défense territoriale par un oiseau qui devrait couver ! Mais de nombreux facteurs entrent en jeu et certains dérangements ne sont pas nécessairement observables sur le moment. Les réponses comportementales face à tel ou tel dérangement sont également très variables d’un oiseau à l’autre. C’est pourquoi il est nécessaire d’appliquer tant que possible le principe de précaution.

Des nouvelles des groupes de concertation .Pratique du vol libre sur la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse

Un groupe de travail composé des acteurs locaux et départementaux du vol libre a été créé par la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse en collaboration avec le CORA Isère (association d'étude et de protection des animaux sauvages et de leur milieux). Ce travail a permis d'aboutir à la signature d'une convention associant le Parc naturel régional de Chartreuse,le CORA Isère et les acteurs du vol libre autour d'une même objectif : protéger le site de nidification du couple d’aigle royal de St Même.
Ce qui a été convenu:
Si les conditions aérologiques le permettent, pendant la période du 1er février au 30 août, le survol du site de St Même ne doit se faire qu'à une altitude absolue supérieure à 1900m. (…) En outre, lors des vols en direction du Granier, il est préconisé que les passages des faces Est aux faces Ouest de la Réserve Naturelle se fassent sur l'Alpette de Chapareillan et non au niveau du Cirque de St Même, le retour devant également se faire par le même itinéraire. D'un commun accord entre les signataires, il a été convenu que le décollage depuis le site du Habert de la Dame soit interdit afin d'éviter au maximum les dérangements occasionnés par le vol libre aux abords immédiats du cirque. Cette mesure fait l'objet d'un arrêté préfectoral, en vigueur depuis le 19 juillet 2004. Il est important de souligner que cette interdiction de décollage représente la seule limitation du vol libre sur l’ensemble de la Réserve Naturelle et du Parc naturel régional de Chartreuse.

Le travail d'information et de concertation continue notamment au niveau des aéronefs motorisés (hélicoptères, etc…) qui occasionnent également d’importants dérangements sur ces population d’oiseaux très sensibles. Nous souhaitons également intégrer prochainement les pratiquants du base jump à ce groupe de concertation.

Composition du groupe de travail Vol libre :CODEVOLI, CORA 38, Fédération Régionale de Vol Libre, Comité Vol Libre Isère, Comité de Savoie Vol Libre, PREVOL – Ecole de Vol Libre, Les Gens d’air – Ecole de vol libre, Parc Naturel Régional de Chartreuse, Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse.

Pratique de l'escalade sur la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse.

La Réserve Naturelle est entièrement ceinturée par d’importantes falaises d’environ 300m d’épaisseur, composée de calcaire de type urgonien datant de -110 millions d’années. Ces falaises sont des milieux de vie privilégiés pour un certain nombre de rapaces (aigle royal, faucon pèlerin) et autres espèces d’oiseaux (chocard à bec jaune, martinet à ventre blanc, tichodrome échelette, hirondelle des rochers, etc.). Elles sont aussi très appréciées par les grimpeurs du fait de la finesse et de la résistance du calcaire. Aussi, afin de préserver ces milieux particuliers, sur la base réglementaire du décret de création de la Réserve Naturelle, celle-ci a souhaité mettre en place un plan de "circulation" concernant l'activité escalade afin de limiter les dérangements qui peuvent être liés à cette activité. Avec le soutien actif de la FFME de l'Isère, une démarche de concertation a été menée en collaboration avec les acteurs de l'escalade de l’Isère et de la Savoie, dans le cadre d'un groupe de travail (voir liste plus bas) animé par la Réserve Naturelle.
Qu’est ce qu’un « plan de circulation » ?
C’est l’organisation de l’activité et de son évolution dans l’espace et dans le temps pour qu’elle soit compatible, sur le long terme, avec les objectifs de protection du site.
La démarche:
l'objectif a été de déterminer des zonages de sensibilité différente, bénéficiant d'une gestion adaptée, conciliant au mieux les objectifs de protection de la Réserve avec les attentes des grimpeurs. Après plusieurs réunions de travail, trois types zones ont été définies. Ce travail a été présenté et validé en comité consultatif en février 2005.
Les zonages et règles convenus.

Les zones de veille :
Ce sont des zones fréquentées en terme d'escalade dont l'utilisation est basée sur un principe d'échange d'information mutuel, où la pratique de l’escalade est autorisée toute l’année et où les projets d’équipement doivent faire l’objet d’une déclaration pour information du gestionnaire. Les critères retenus pour définir ces zones sont les suivants – secteur de nidification d’espèces patrimoniales rupestres où l’impact de l’escalade sur la présence d’espèces patrimoniales n’est pas identifié avec précision : faucon crécerelle, martinets à ventre blanc, hirondelles de rocher, chocard à bec jaune, grand corbeau, tichodrome, accenteur alpin,.

Les zones à limitation saisonnière :Ces zones sont fréquentées et présentent un fort intérêt biologique. L'utilisation de ces zones est donc basée sur une limitation saisonnière. La pratique de l’escalade est alors interdite, avec ou sans équipement de la voie, du 1er février au 31 août. Les critères retenus pour définir ces zones sont les suivants :
- la nidification probable ou certaine du faucon pèlerin, sans localisation connue de l’aire.
ou - la présence de sites de nidifications importants d’espèces rupestres grégaires patrimoniales :principales colonies de martinets à ventre blanc, hirondelles de rocher, chocard à bec jaune.

Les zones de protection intégrale :
Ce sont des zones à forts enjeux écologiques où il a été convenu que la pratique de l'escalade est interdite en tout temps, avec ou sans équipement de la voie. Les critères retenus pour définir ces zones sont :
- la présence d’aires de nidification connues du faucon pèlerin et de l’aigle royal avec des secteurs
occupés territorialement par ces espèces hors saison de reproduction.
et – la présence de sites de nidifications importants d’espèces rupestres grégaires
patrimoniales (principales colonies de martinets à ventre blanc, hirondelles de rocher, chocard à bec jaune).
et/ou - le caractère de sites potentiels de nidification d’espèces rupestre patrimoniales non grégaires
(tichodrome échelette, accenteur alpin, grand corbeau, faucon crécerelle, zone refuge pour le chamois, colonie significative de marmottes). Ces zonages et règles feront l’objet d’arrêtés préfectoraux transcrivant les accords élaborés en groupe de travail. Une convention présentant et entérinant l'ensemble de la démarche est en cours de signature.
Il est important de préciser que :

-
aucune voie existante, répertoriée, n'est interdite intégralement. Seulement
moins d'une dizaine de voies subissent une limitation saisonnière.
- le travail accompli ne prend en compte que les interactions biologiques avec la
pratique de l'escalade. En aucun cas, il ne dispense les équipeurs des demandes d'autorisations à effectuer auprès des propriétaires de terrains concernés.

Composition du groupe de travail Escalade : Club Alpin Français de l’Isère, Fédération Française de Montagne et d'Escalade 38, Club Alpin Français de l’Oisans, ITA (Initiative Terrain d'Aventure), Club Alpin Français de la Savoie, Fédération Française de Montagne et d'Escalade 73, Bureau des Guides du Pays du Grésivaudan, Mountain Wilderness, FRAPNA38, FRAPNA 73, CORA 38, CORA 73, Grimpeurs spécialistes du massif, Parc Naturel Régional de Chartreuse, service des activités sportives de pleine nature, Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse

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